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DALANDA SARAH DEBOMY 3 e 3
(Inspirée du tableau de Hopper « Two in the Aisle »
Mme. Déborsois et M. Nobert se sont rencontrés lors d'un repas d'affaires. Ils deviennent amis très vite et Madame décide d'inviter son cher acolyte pour une soirée à la ville des merveilles.
À Paris , le 13 février vers dix-neuf heures un quart , Mme. Ludivine Déborsois ferma la porte à clef. Accompagnée de Richard Nobert , elle dépassa quatre portes à la droite et cinq à sa gauche , prit l'ascenseur qui descendait six étages avant d'arriver à l'accueil et se dirigea vers Le Théâtre de Paris. Ils arrivèrent bien en avance. La salle où allait se dérouler la pièce était ample et vide. De gros lustres en cristaux accrochés au plafond haut en satin rouge l'illuminaient tout entière. Toutefois, les sièges situés à l'arrière manquaient de lumière à cause d'un grand balcon suspendu au-dessus d'eux. Sur les côtés, des alcôves avec des rebords bleus , creusées dans les murs , formaient d'autres petits balcons de hauteurs croissantes. De longs rideaux aux tentures dorées cachaient la scène large et étendue , bordée de motifs baroques. Un espace pour l'orchestre , où traînaient des partitions sur des pupitres , la séparait du public. Sur un des côtés , une femme portant une robe couleur saumon lisait le programme de la soirée. Elle avait les lèvres très rouges , les yeux verts- explosifs et semblait plongée dans ce qu'elle faisait. Ludivine , petite de taille et assez menue , avait coiffé ses cheveux courts et roux avec un ruban rouge de manière discrète. En enlevant son manteau vert , elle révéla sa robe de soie noire. R. Nobert , homme pâle , mince , grand et chauve laissait pousser sur sa lèvre une petite moustache. Vêtu d'un costume sombre et d'un nœud papillon qui le serrait au col, il observait les lieux avec admiration. « Donc Mademoiselle , qu'allons-nous avoir la chance d'apprécier ce soir ? demanda Richard. Ça s'appelle La Dame du Côté Droit de William Betorski, répondit-elle. » Il s'assit. Curieux, il questionna, demandant le sujet de l'histoire. Elle répliqua que ce serait dommage de gâcher la surprise. Elle arrêta un moment, l'air pensif. Et rengagea la conversation. « C'est un mystère ou plutôt une histoire policière ou une dame vient au théâtre chaque année , la veille de la St. Valentin , loue une chambre d'hôtel numéro 609 en pleine capitale française et amène un homme avec elle. » Mr. Nobert souriait et caressait doucement ses lèvres. « Ah ! Ça m'a l'air bien comme mystère. Mais je ne vois pas ce qu'il y a de tragique. Mr.Norbert , je préfère garder la suite pour plus tard, répondit-elle d'une manière menaçante. Mais...juste un petit bout... supplia l'homme d'une façon enfantine. C'est inspiré d'une vraie histoire. On dit que la dame existe encore et qu'elle continue... expliqua Ludivine. Et justement elle continue à faire quoi ? Chaque homme qu'elle accompagne au théâtre, elle le tue le soir souvent avec un accessoire de beauté. Toutes ses victimes s'aperçoivent qu'ils se sont fait prendre, un peu trop tard. Elle est tellement douée que depuis treize ans elle joue le même tour et l'on ne l'a pas encore attrapée. » De plus en plus de gens remplissaient le théâtre. Un jeune homme portant un costume bien taillé, aux cheveux bien huilés et à l'aspect fier s'assit près de la femme qui feuilletait toujours la brochure. D'un seul coup, de petites gouttelettes de sueur coulèrent sur le front de Richard. Il réalisa qu'il se trouvait à Paris, que la clef de l'hôtel comportait les chiffres 6,0 et 9 et que c'était la veille de la Saint Valentin… Mme.Déborsois l'observait et ricanait malicieusement. Pendant quelques minutes, on n'entendit que les murmures et papotages des spectateurs. Les lumières s'affaiblirent peu à peu tandis que le pauvre monsieur était bien angoissé. Il eut le courage de prendre la parole et prononça « Ludivine a les mêmes lettres que... -Shhhut...Mr. Norbert, ça commence, interrompit-elle en serrant la main tremblante de l'homme. » |
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