Isabelle Terrier 3 ème 3

 

 

Texte et crétion inspirés du tableau de Hopper :

Eleven A.M.

 

Elle vivait toute seule dans son appartement, au troisième étage. Abandonnée par son mari, déshéritée et reniée par sa famille, il ne lui restait qu'assez d'argent pour vivre dans ce très petit logement vaguement ornementé. Il n'y avait qu'une chambre dans laquelle avaient été installés un lit, deux tables (l'une de nuit, l'autre à manger), une chaise et un fauteuil. Il n'y avait que deux lampes, posées sur chaque table, et qu'une armoire cachée dans un coin de la pièce. Des deux fenêtres de l'appartement, l'une d'elles demeurait fermée pour on ne savait quelle raison, tandis que la jeune fille laissait l'autre ouverte fréquemment pour peindre ce qu'elle voyait puis vendre ses œuvres contre de la nourriture. Aujourd'hui elle se leva très tôt, à onze heures, tira les rideaux et ouvrit encore une fois la fenêtre pour peindre. Mais l'artiste ne peignit pas. Elle réfléchissait à ses conditions de vie. Elle était triste et pauvre, elle le savait. Mécontente, fâchée, vexée contre le fait que tous ceux qu'elle aimait la négligeaient, elle se déshabilla. Peut-être ne l'avait-elle même pas remarqué, tellement elle était perdue dans ses pensées. Seules ses chaussures restèrent pour ne pas marcher sur des clous pointus ou des bouts de bois qui ressortaient du sol à moitié mangé par les insectes. Assise devant la fenêtre ouverte, elle sentit le froid du vent sur sa peau. Elle vit les hommes et femmes, les enfants, les vieux, les couples, tous contents, et souriants, achetant tout ce qu'ils voulaient, ne pensant qu'à eux-mêmes. Et elle, toute seule, sans argent, nue, triste, les regardait par cette fenêtre ouverte, sans pouvoir dire un mot. Se sentant incapable de continuer à vivre dans cet univers qui ne cessait de la rejeter, elle sauta.




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