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Compte rendu de la conférence sur les sans-abri

Jean Michel est venu, lundi 6 novembre, nous parler en classe de l'association « Help The Homeless Foundation » pour laquelle il travaille et de ce qu'elle fait pour les sans-abri. Il nous a aussi donné beaucoup d'informations utiles sur les sans-abri eux-mêmes : leur santé physique et mentale, leurs conditions de vie… Cette conférence s'est conclue sur le WalkAThon qui va être organisé le samedi 18 novembre.

L'association « Help The Homeless » a été fondée en 1992. Elle voulait d'abord ouvrir un abri pour 100 personnes, mais les voisins appréciaient peu le projet car ils n'étaient guère rassurés. Cela, comme Jean Michel nous l'a expliqué, s'appelle le « Not In My Backyard Syndrom ». Un autre problème s'avéra être qu'une concentration de 100 personnes ne permettait pas que l'on consacre beaucoup de temps et d'argent à chacune d'entre elles. Finalement le projet a été modifié et « Help The Homeless Foundation » est devenue une association de qualité qui offre des services et des abris aux sans-abri. Y logent à peu près 75 personnes pendant l'hiver car c'est en cette saison froide que l'organisation abrite le plus de sans-abri, avec un maximum de 6 personnes par habitation. Le « Help The Homeless Foundation » est la seule association qui offre de l'aide aux sans-abri de Wisconsin avenue jusqu'à Georgetown. (Leur adresse est 4713 Wisconsin Avenue.)

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Les sans-abri avec qui travaille l'association sont souvent dans une situation de « spirale vers le bas » : parfois tout commence par des problèmes de drogue ou d'alcool (30% des cas), puis arrivent les disputes avec les proches, ensuite la perte d'emploi, d'habitation et leur état continuerait de s'aggraver s'ils n'étaient pas aidés. 70% des sans-abri ont des problèmes psychiatriques (28% sont des cas graves) et 26% sont atteint de toxicomanie; certains sont dans les deux cas. Pour aider à réhabiliter ces gens, un éducateur va les voir et essaie d'abord d'établir un contact avec la personne prise en charge. Cela peut se montrer plus ou moins compliqué selon l'individu. Puis le nouveau venu fait des visites fréquentes chez le psychiatre et chez le docteur. Enfin, il habite dans un abri temporaire.

Parfois l'association offre également des services à des personnes sans qu'ils aient à révéler leur identité. Cela différencie l'association d'autres qui l'exigent.

Jean Michel nous a également donné une autre image des sans-abri dont les gens ne se rendent pas forcément compte : celle des sans-abri qui travaillent parmi nous, mais qui vivent dans des abris. Ce sont les sans-abri « invisibles ».

 

En attendant une meilleure situation, certains sans-abri écrivent et vendent un journal en couleur qui s'appelle « Street Sense ». Ce journal est très peu taxé et les recettes reviennent directement aux sans-abris qui y ont consacré du temps et de l'énergie. Cela leurs permet de gagner un peu d'argent en plus, environs 50$ chacun par semaine.

Finalement, jean Michel nous a dit que 28 personnes qui reçoivent des soins de l'association, vivent de façon permanente dans la communauté et participent directement à sa vie. Une fois les sans-abri aidés, une grande partie de ceux-ci sont motivés et reconnaissants : ils participent volontairement à des activités et rendent de nombreux services.

Sur le plan financier, l'association reçoit des subventions de la part du gouvernement fédéral : son budget est d'à peu près 1.6 millions de dollars, ce qui n'est pas beaucoup pour la grande variété des services offerts. Par exemple, 30 % des subventions servent à organiser des activités. Par ailleurs, une société gère l'immobilier de l'association.

Voici certaines des questions que les élèves ont posées à Jean Michel :

 

Question  : Quelles sont les personnes qui se présentent le plus souvent comme volontaires pour vous aider ? Y en a-t-il beaucoup ?

Réponse  : En moyenne, on a 320 volontaires et c'est souvent des lycéens comme vous, ou des personnes âgées (retraitées).

 

Q  : Vous avez parlé du journal « Street Sense ». Revient-il cher à éditer ? Combien est-il vendu ?

R  : Chaque journal coûte aux sans-abri 35 cents et ils sont autorisés à les revendre 1 à 2$. En réalité les gens qui achètent ce journal savent qu'ils ont affaire à des gens pauvres et donnent parfois, pour les récompenser de leur effort, un peu plus. Bien sûr, les recettes reviennent entièrement aux vendeurs sans-abri.

 

Q  : Est-ce que l'Etat fournit de l'argent ?

R  : Oui, plus de 23% de nos fonds proviennent de lui.

 

Q  : Quelles sont les associations médicales qui travaillent avec vous ?

R  : Nous avons Unity Health Care (UHC), une clinique où les sans-abri peuvent avoir une couverture médicale, et Medicaid paie tous les traitements pour les patients à UHC.

Nous payons nous-mêmes UHC pour qu'ils recoivent les sans-abri.

 

Q  : Combien il y a-t-il de sans-abri dans la région ?

R  : En juin 2006, nous avons recensé 6 157 sans-abri dans Washington D.C. et 12 000 dans la région de Washington, mais nous pensons qu'il y a au moins 5 000 personnes de plus qui, chaque année, se retrouvent sans abri à un moment ou un autre.

 

Q  : Pourquoi est-ce que certains sans-abri refusent votre aide ?

R  : Nous n'avons pas le droit de leur imposer des traitements s'ils n'en veulent pas, c'est leur droit de ne pas accepter. Nous devons respecter leur choix. Souvent aussi, leur condition physique ou psychiatrique les pousse à refuser de l'aide.

 

 

Q  : Est-ce que vous agissez avec les sans-abri comme avec des égaux ?

R  : Tout à fait, le respect mutuel est très important et il faut prendre en considération la dignité de l'autre.

 

Q  : Est-ce que le nombre de sans-abri augmente ?

R  : Bien sûr, surtout avec la hausse des prix dans l'immobilier !

 

Q  : Est-qu'il faut présenter des papiers pour être accepté par votre association ?

R  : Non, nous acceptons même les personnes sans papiers (immigrés…)

 

Q  : Comment êtes-vous entré dans l'association ?

R  : J'ai fait mes études à Grenoble, où j'ai passé mon Baccalauréat, puis je me suis lancé dans l'hôtellerie. Je suis allé travailler dans des hôtels aux Etats-Unis parce que je voulais aussi beaucoup voyager. Mais, à un moment, j'ai eu une offre d'emploi pour prendre soin de handicapés mentaux, et je l'ai acceptée. Ensuite, j'ai travaillé dans des centres où il y avait des sans-abri violents, et j'ai dirigé quelques programmes. Je suis retourné en France pour passer ma FAC de rééducation psychiatrique. Puis j'ai eu une offre d'emploi dans le « Help The Homeless Foundation » et voilà…

 

Q : Il y a-t-il beaucoup d'enfants délaissés ?

R : On ne le sait pas trop. Dans certains cas, les parents laissent leurs enfants chez des amis ou ailleurs et travaillent pour pouvoir leur redonner quelque confort. Il est difficile de donner un chiffre dans ces conditions.

 

Q : Votre association a-t-elle des volontaires et des salariés ?

R : Nous avons à peu près 320 volontaires et 25 salariés. Nous avons un personnel très restreint du point de vue administratif mais une bonne équipe d'éducation. Les membres de l'association ont des niveaux de vie très divers : certains sont aisés, d'autres le sont moins.

 

Q : Avant de tout perdre, de quels milieux viennent les sans-abri pris en charge ?

R : D'à peu prés tous les milieux. Certains habitaient dans de belles maisons à Betheda et occupaient de bonnes fonctions. Ils ne faut pas croire que tous les sans-abri n'ont jamais rien fait ; c'est un cliché et une grosse erreur ! Beaucoup ont travaillé dur mais ont été malchanceux …

 

Q : Est-ce qu'il y a des abris spéciaux pour les enfants ?

R : Il y en a pour des familles entières, comme N Street Village ou le D.C. Village, mais ils sont souvent mal subventionnés. Cela a d'ailleurs causé des manifestations.

 

Q : Est-ce qu'il y a des liens qui se créent avec le personnel et les sans-abri ?

R : L'ambiance reste agréable grâce au nombre restreint de sans-abri mais on essaye de garder les relations personnelles hors du périmètre de travail.

 

Q : La police doit-elle des fois intervenir ?

R : Cela arrive. Il faut parfois avoir recours à la police car certains sans-abri peuvent se montrer agressifs. Dans tous les cas, il vaut toujours mieux travailler avec les services de l'ordre.

Amandine MASSON - Jeanne METHEL – Alva STRAND – 2nde 1





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