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INCONNU À CETTE ADRESSE

Roman de KRESSMANN TAYLOR mis en scène par Brigitte PIERRE
avec François GRAHAM et Adrien AUCLERT
technique : William BRETON et David FORESTIER

les 16 mai et 17 mai à 19h, ont eu lieu les deux représentations de "Inconnu à cette adresse".
Un thème difficile (La correspondance entre un galeriste juif américain et son ami allemand pendant la montée du nazisme) mais bien servi par deux très bons acteurs, une équipe technique efficace et une mise en scène très originale de Brigitte PIERRE, professeur de lettres au Lycée.
Les nombreux spectateurs ont assisté à une soirée théâtrale de grande qualité.

BIOGRAPHIE de Kressmann Taylor (1903-1997)
COMMENTAIRES SUR L'OEUVRE


LES PHOTOS :

Avant le spectacle :

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David FORESTIER, à la technique

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Pendant le spectacle :

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Adrien AUCLERT

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François GRAHAM

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La projection de photos sur la montée du nazisme

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La fin de la pièce


 


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Brigitte PIERRE et les deux acteurs

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BIOGRAPHIE
Kressmann Taylor
(1903-1997)

 

Kressmann Taylor est née en 1903. Elle fait des études de lettres et de journalisme, puis, après son mariage, passe plus de temps à écrire qu'à s'occuper de son foyer. Choquée par l'attitude antisémite d'anciens amis allemands cette femme discrète a alors un jour l'idée d'Inconnu à cette adresse. Lorsqu'elle remet le manuscrit à son mari - un publicitaire qui gère sa carrière - et à son éditeur, tous deux décident que "cette histoire est trop forte pour avoir été écrite par une femme". D'un commun accord, ils suppriment son prénom - Kathrine - pour le remplacer par son nom de jeune fille, Kressmann, qui peut passer pour masculin. Le succès de la nouvelle, publiée dans Story Magazine puis reprise par le Reader's Digest, lui permet alors de se consacrer entièrement à l'écriture et de devenir la première enseignante titularisée de l'université de Gettysburg (Pennsylvanie), avant de prendre sa retraite en Italie. Inconnu à cette adresse (Editions Autrement) a été publié en France en 1999 et a connu un succès immense.

Cette femme que l'on a longtemps crue " d'un seul livre" en a en réalité écrit plusieurs, dont Jour sans retour (Editions Autrement) qui a été publié en France en décembre 2001 . Ce roman s'inspire d'une histoire vraie et exemplaire d'un pasteur allemand que l'auteur a rencontré en 1940 par l'entremise du F.B.I.

Kressmann Taylor est décédée en 1997.

Source : http://www.alalettre.com/international/taylor-intro.htm


LE TEXTE

1) extrait de
Courriers de la peur

par Olivier Le Naire

La correspondance entre un galeriste juif américain et son ami allemand pendant la montée du nazisme. Un texte choc


Sur le podium de la gloire littéraire, certains ont la victoire sonore quand d'autres triomphent sans bruit. Inconnu à cette adresse, la très courte et très percutante nouvelle de l'Américaine Kressmann Taylor, appartient sans conteste à la seconde catégorie. Rédigé en 1938 par une modeste mère au foyer et publié la même année dans Story Magazine, ce texte a immédiatement suscité l'enthousiasme outre-Atlantique. Les numéros de la revue épuisés, cette nouvelle fut ronéotée par ses lecteurs admiratifs qui souhaitaient en faire passer un exemplaire à leurs amis. Puis le cinéma acheta les droits, le Reader's Digest, enfin, se décida à offrir cette perle à ses abonnés, en publiant une version un peu condensée du texte. Avec le temps, bien sûr, l'ardeur s'est un peu calmée, mais le texte a continué de vivre son destin de papier, décennie après décennie, poursuivant cette étrange navigation de main en main, de bouche à oreille.

Plus de soixante ans après sa rédaction, Inconnu à cette adresse connaît à peu près le même parcours en France. Sorti en mai, peu remarqué par la critique, le texte, sans presque jamais entrer dans la liste des best-sellers, a mené discrètement sa carrière pour frôler aujourd'hui les 40 000 exemplaires vendus.

Pourquoi un tel succès? Parce que Inconnu à cette adresse, dense, efficace, machiavélique, est un texte choc. L'histoire, qui débute en 1932, se construit autour d'un échange épistolaire entre un certain Martin Schulse, galeriste américain retourné dans son Allemagne natale, et Max Eisenstein, son associé et ami, resté aux Etats-Unis. Leur correspondance suit le cours de cette amitié lorsque, missive après missive, Eisenstein s'aperçoit que son ami, son frère spirituel, sous l'emprise de l'hitlérisme triomphant, est en train de devenir antisémite. Est-ce une feinte pour échapper à la censure ou Martin, pris dans l'engrenage national-socialiste, est-il en train de devenir un monstre? A mesure que l'on s'avance dans cette lecture, il apparaît très vite que l'intérêt du récit dépasse de beaucoup la virtuosité de son auteur. Et l'on se pose à notre tour cette question: à qui vais-je faire découvrir Kressmann Taylor?

source : http://livres.lexpress.fr/critique.asp/idC=1646/idR=10/idG=4



2) Kressmann Taylor
Inconnu à cette adresse
(Traduit de l’anglais par Michèle Lévy-Bram)

On croyait à tort que les Français étaient seuls capables de briller dans l’art du récit bref. Kressmann Taylor nous en apporte une preuve éclatante avec ce roman épistolaire, une grande réussite du genre publié pour la première fois dans sa version intégrale dans Story Magazine en 1938, soit un an avant que n’éclate la seconde guerre mondiale.

Il s’agit de l’histoire de deux amis : Martin Schulse, un Allemand, et Max Eisenstein, un Juif américain. Voilà des années qu’ils sont associés à San Francisco dans une affaire prospère de commerce de tableaux, "La galerie Schulse-Eisenstein", quand Martin, au début des années 30, décide de retourner dans son pays. La correspondance entre les deux amis commence le 12 novembre 1932 et s’achèvera le 3 mars 1934.

Moins de vingt lettres qui nous racontent à leur manière comment l’Histoire peut s’introduire dans les destins particuliers et les emporter. Mais pas de commentaires, pas d’analyse. Aucune digression de cet ordre dans un roman qui se lit comme un journal intime à deux voix. L’Histoire y certes présente ; elle ne ménage pas ses effets, pas plus que ce livre dont on n’oublie pas une chute qui, pour être attendue, n’en reste pas moins surprenante dans sa forme. De ces effets, l’auteur choisit cependant de ne retenir que ceux qu’elle entraîne sur l’amitié de deux hommes séparés d’abord par la distance et désormais par leurs origines respectives.

"Qui est cet Adolf Hitler qui semble en voie d’accéder au pouvoir en Allemagne? Ce que je lis sur son compte m’inquiète beaucoup." écrit Max peu après le départ de Martin. A quoi ce dernier répond : "Franchement, Max, je crois qu’à nombre d’égards Hitler est bon pour l’Allemagne, mais je n’en suis pas sûr (…). L’homme électrise littéralement les foules ; il possède une force que seul peut avoir un grand orateur doublé d’un fanatique. Mais je m’interroge : est-il complètement sain d’esprit ?" Comment Max, qui lit ces lignes, pourrait-il venir à penser que l’amitié qui les lie, lui et Martin, et dont la force tient davantage de la fraternité que de l’amitié mondaine, n’ait été jusqu’alors qu’un mirage de jeunesse ? "Je sais que ton esprit libéral et ton cœur chaleureux ne pourraient tolérer la brutalité, et que tu me diras la vérité." La vérité ? Elle apparaîtra sans fioritures au Juif Eisenstein dès le 9 juillet 1933 : "Nous devons présentement cesser de nous écrire, lui répond son ami allemand. Il devient impossible pour moi de correspondre avec un Juif ; et ce le serait même si je n’avais pas une position officielle à défendre (…). La race juive est une plaie ouverte pour toute nation qui lui a donné refuge. Je n’ai jamais haï les Juifs en tant qu’individus –toi, par exemple, je t’ai toujours considéré comme mon ami-, mais sache que je parle en toute honnêteté quand j’ajoute que je t’ai sincèrement aimé non à cause de ta race, mais malgré elle.".

On sait que le tragique, comme le burlesque, tient au manque de proportion entre la situation et l’homme. En nous replaçant devant cette évidence avec une économie extrême, sans complaisance, sans littérature, ces pages abruptes et frémissantes atteignent à la grandeur des œuvres qui ne nous parlent de rien d’autre que de vérité humaine.

Didier Hénique

source : http://www.fluctuat.net/livres/chroniques/inconnu.htm

 



 


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