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Maël au Lycée Rochambeau

 

Maël (assis au centre) et sa classe de 1ère L
(13 élèves : 2 garçons et 11 filles dont une jeune tchèque
qui depuis est retournée dans son pays.)


Lettres d'Amérique par Maël GOARZIN

Toutes les deux semaines, Maël Goarzin, notre Breton adopté , nous livre ses pensées
et le récit de ses tribulations à Washington..,

27 avril

Une famille d´accueil étonnante...

Alors que les fêtes de Pâques s´achèvent à peine, je me sens réellement "adopté" par ma famille étonnament accueillante. Pâques, ce temps avant tout familial, m´a permis de découvrir à quel point je me plaisais ici, avec la famille Leventhal.
Je rencontrai Todd, Maureen et leur fils Danny il y a trois mois déjà, neuf jours aprés mon arrivée sur le sol de mes rêves réalisés. Ce premier contact m´a tout de suite convaincu : je sentais les bons moments à venir, dans cette petite maison de Washington DC, dans ce jardin, et sous cet inévitable panier de basket, ingrédient essentiel d´un voisinage vert et boisé, à l´image de la capitale toute entière en ce début de printemps.

Maureen est assistante sociale. Elle travaille à ce poste dans une école primaire de Washington. En effet très sociable, vivante et ouverte d´esprit, je ne me lasse pas de lui parler, à propos de n´importe quel sujet, sans réels tabous : c´est un plaisir de converser avec une si charmante personne.
Nous partageons aussi nos racines celtes, Maureen étant d´origine irlandaise.

Todd travaille lui pour le gouvernement, et traque les fausses informations mises en avant dans certains livres. Il travaille en ce moment sur les informations erronées ou tout simplement inventées sur des sujets sensibles. Cultivé, notamment grâce à ses nombreux voyages à travers le monde, mais moins bavard que Maureen, les conversations qui s´immiscent trop peu souvent à mon goût sont toujours très intéressantes.

Danny, à quinze ans, est à l´école américaine. Fan de Basket-Ball, et de sport en général, je ne pouvais tomber mieux. Joueur de basket passionné moi-même, j´aime me retrouver en sa compagnie à l´arrière de la maison, après la classe, faisant frémir le filet du panier à chaque tir réussi. Seul l´appel des parents ou le retour à la mémoire de quelques devoirs restés sur le bureau peuvent alors nous ramener à la réalité.

Je me sens maintenant partie intégrante de cette famille formidable, composée en fin de compte de quatre unités : Kara, l´aînée de deux enfants, est en première année à l´Université de Boston.
Je commençai à me sentir réellement "à la maison" quand un signe qui ne trompe pas m´indiqua que je participai définitivement à la vie familial :
les corvées... Promener le chien, Anny, et mettre le couvert sont devenues des taches quotidiennes que je partage maintenant avec Danny.
Il y a de cela deux semaines, cette intégration réussie s´est de nouveau confirmée. Un superbe week-end de Pâques passé en famille et une très belle carte reçu à cette occasion m´ont particulièrement touchés. Cette carte disait, mot pour mot : " What a welcome addition you have been to our family !"



23 mars 2004


Le Super-Bowl

Moment de répit avant l'euphorie générale. Voilà l'exacte et fidèle description de l'instant présent." C'est ainsi que je laissais glisser ma plume sur une nouvelle feuille blanche, à une heure du plus grand événement sportif de l'année :
le Super-Bowl, trente-huitième du nom.
Ce dimanche premier février, H-1 avant le coup de sifflet inaugural, toute l'Amérique retient son souffle ! Car le football américain est le sport national, le plus populaire aux USA. Le Super-Bowl, qui se déroule chaque année à cette même période, serait l'équivalent d'une finale de coupe du monde de football en France, ce n'est pas peu dire ! Evénement commercial s'il en est, cette finale du championnat national de football américain est l'occasion pour les publicitaires d'exposer leurs nouvelles pubs aux millions de téléspectateurs scotchés littéralement au canapé durant les quatre heures de ce show total.
Le half-time show est d'ailleurs l'un des moments forts de la soirée, et cette année plus encore, "grâce" à la prestation controversée de Janet Jackson et de son sein mis à nu devant ces deux cent millions de spectateurs. Ces faits divers dont rafolent les stars américaines, souvenez-vous le langoureux baiser échangé entre Madonna et Britney Spears il n'y a pas si longtemps encore. Ce fait divers auquel j'assistai en direct fit beaucoup de bruit dans les médias la semaine suivante. Quelle publicité
pour Janet !
Décidément, tout est affaire de marketing, ce soir-là... ou devrais-je dire chaque jour ? Saviez-vous que trois mille publicités sont
visionnées par jour à la télévision, et que soixante-cinq pour cent des adolescents en ont une dans leur chambre ? Pour l'anecdote, car le sport dans ces conditions ne devient plus qu'un prétexte commercial, ce sont les Patriots de Nouvelle-Angleterre qui ont vaincu les Panthers de Caroline.
What a show !


12 mars 2004
Washington, un cosmopolitisme ambiant…

« Un autre bénéfice qui me paraît important et utile pour l'avenir est la faculté d'adaptation nécessaire à la vie de demain, dans un monde en perpétuel mouvement, où tout bouge à une allure folle… » Voilà mot pour mot ce que j'écrivais il y a maintenant cinq mois, évoquant les bénéfices indéniables de ce séjour aux USA, heureuse conséquence de la mise à l'épreuve que constitue cette expérience unique. Démunis de son cadre de vie quotidien et de ses repères habituels, comment ne pas se sentir isolé et parfois même perdu au milieu du melting-pot que constitue Washington ? Car les mots se métamorphosent en faits, et de la même manière grâce à laquelle je suis passé de simples stéréotypes à de réelles constatations, je découvre une nouvelle vie dont le cosmopolitisme ambiant est la principale caractéristique à mes yeux, la plus déconcertante aussi. Que dire de plus lorsque l'on sait que plus de cinquante nationalités sont représentées au lycée Rochambeau ? Chaque rencontre est une nouvelle découverte, l'apprentissage est continuel et chaque jour nous en apprend un peu plus sur le monde et les pays qui le compose. Ce lycée a beau être français, pour moi, il est avant tout international. Cette diversité est d'ailleurs présente dans tout Washigton, ville la plus internationale du pays : de nombreux restaurants proposent la cuisine du monde entier, et les millions de visiteurs étrangers venant ici pour le tourisme, par ailleurs florissant, peuvent rencontrer sans surprise des compatriotes, afin d'éloigner le blues du voyageur solitaire. Ainsi, la présence de China Town est un brillant exemple du melting-pot américain, accentué ici plus encore qu'ailleurs. Parti à la conquête du Nouveau Monde des étoiles plein la tête, j'ai décroché la lune, car j'ai le monde à portée de main.

Février 2004

La découverte de Washington…

La première image de la ville me frappa en plein visage alors que l'avion qui me fit traverser l'océan volait à présent à travers le trafic aérien, à la cadence infernale, de Washington ; Washington, capitale de l'actuel plus puissant pays de la planète. C'est avec des stéréotypes et cliché de tout calibre dans ma besace d'aventurier naïf que j'atterris ce jour-là à l'aéroport de Dulles. Et comme les stéréotypes ne sont « que » des stéréotypes, ils allaient bien vite être réduits à leur plus simple définition : un absurde non-sens dû à un jugement trop rapide de l'autre, cet étrange étranger. Mon premier étonnement, et Dieu sait si tant d'autres suivront, fut de découvrir une ville américaine sans aucun building. Quel étonnement en effet pour ce pauvre breton ayant grandi, et ce même en France dans l'atmosphère excitante des séries TV américaines, montrant à tout va ces immenses immeubles que l'on appelle building entre deux scènes de fusillade ou course poursuite exaltante à travers les villes de New-York, Los Angeles ou San–Francisco ! Quel étonnement de s'apercevoir que la capitale des Etats-Unis n'est pas construite à l'image du pays qu'elle représente ! Quel étonnement enfin d'apprendre qu'aucun bâtiment à Washington ne peut dépasser, selon la loi, la hauteur du Capitole ! Ce fut mon premier étonnement, et Dieu sait si tant d'autres suivront.

Janvier 2004

Nous y sommes enfin. Déjà, la Bretagne n'est plus qu'un amas de souvenirs épars qui, durant ce séjour, reviendront à ma mémoire ou se disperseront à jamais dans les méandres de l'inconscient. A ce moment précis, toutes mes pensées sont tournées vers l'Amérique, et tout comme l'avion dans lequel je vole, comme dans un rêve, elles survolent l'Atlantique en direction de Washington, destination finale.
Je deviens à ce jour orphelin de ma Bretagne natale pour une durée de six mois. Jamais je n'ai ressenti autant de doutes et d'espérances à la fois. Cette sensation étrange de voler vers l'inconnu m'empêche de rester totalement confiant, comme je le suis d'habitude, mais ce sont des rêves plein la tête que je pars à la conquête du Nouveau Monde, comme tellement l'ont fait avant moi. Cette ruée vers l'or si inattendue, je l'entreprends aujourd'hui, conscient de la chance que ce séjour aux USA repésente.
La chance de ma vie ? Certains l'ont dit. Qui sait ce qu'une visite prolongée outre-atlantique peut apporter ? Quoi qu'il en soit, ce 10 janvier 2004 restera pour moi le début d'une parenthèse que j'espère inoubliable, riche en moments forts, et dont l'influence certaine sur ma vie future sera positive. Espérons et nous verrons …

 



Maël, séléctionné par l'Académie de Rennes pour son sérieux et ses très bons résultats, sera parmi nous dès janvier;
il cherche une famille Américaine pour la durée de son séjour; découvrez le dans son auto-portrait :



“Jeune lycéen français de 17 ans, avide de découvertes (c'est pourquoi je suis là), je m'intéresse à divers sujets touchant l'actualité (que je suis attentivement), le sport ( basket-ball, football, cyclisme, tennis , la culture (littérature, philosophie, musique) et quelquefois la politique, même si, souvent, je me force quelque peu. Cette soif de connaissance est motivée largement par mon envie de devenir journaliste. J'ai en effet une passion particulière pour l'écriture ainsi que pour la lecture. Mais je m'intéresse également à la pratique du sport en général, et du basket-ball en particulier, sport que je pratique avec ferveur depuis plusieurs années. Le chant est également un de mes hobbies préférés, et même si ma voix n'est peut-être pas digne du nouveau Elvis et que je n'ai pas tout à fait la Rock&Roll attitude, j'aime à m'essayer au karaoké de temps en temps. J'aime entre autres le reaggae, la variété française et la musique bretonne. Fier de ma région, la Bretagne, et de sa culture variée, je n'oublierai pas de régaler ma famille d'accueil avec les fameuses crêpes bretonnes, cela va sans dire !


Maël Goarzin. ”

Il fréquentera la classe de 1ère L du Lycée :





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