Stage de Géologie - Mercredi 2 mars 2005


Mercredi: « sand castle » 

  Levés à 6 heures (Hou là là que c'est dur !), il faut faire les valises et ne rien oublier (ce n'est pas une mince affaire !). Après trois cafés (on fait comme on peut, on est tous crevés !), rendez-vous à 7h30 « sharp ». Nous démarrons et nous nous dirigeons vers « El malpaís », dans la Valley of fire, où nous observons des basaltes nés de coulées de laves pahoehoe (mot hawaïen désignant une lave basaltique fluide).

Le groupe découvre la formation basaltique sous la conduite de Nelia Dunbar.

   Après suit un grand tour avec cinq arrêts où il faut répondre à des questions (pas toujours faciles !) d'observation du terrain et de déduction. Il est maintenant midi et nous sommes en retard sur le programme (dixit les profs), mais nous, c'est notre estomac qui nous inquiète (on a la dalle !). De là nous nous dirigeons vers un site appelé Three Rivers.

  

   C'est ici qu'on fait un pique-nique très sympa avec des sandwichs improvisés sur place et de goûts parfois assez originaux ! (M. Roux étale de la sauce salsa sur le haut de son sandwich jambon/fromage). Maintenant on se remet au travail, le but de la visite étant d'observer des pétroglyphes dans la montagne. Il fait beau et la balade est agréable. Pendant que le bus nous emmène au parc des « white sands », nous croisons, au milieu du désert, un train du Nouveau-Mexique : il ressemble aux trains de la conquête de l'Ouest ! (Vieilles locomotives suivies de.106 wagons !). Nous avons compté ! En effet, cela n'étant pas un TGV, nous avons eu le temps d'observer le paysage.

    

20 000 pétroglyphes à découvrir.

   Enfin, nous arrivons à bon port. Le musée du parc des « white sands » expose des informations très précises et complètes sur la formation de ce sable si extraordinaire. Ensuite, nous nous dirigeons vers le site. Nous roulons sur une route de gypse et nous sommes entourés à droite comme à gauche de dunes. Nous sommes tous bouche bée face à ce paysage fantastique ! A ce moment nous nous rendons compte qu'en fait toute la troupe est en réalité pleine d'énergie ! Effectivement, nous courons, nous nous jetons du haut des dunes, nous nous roulons dans le sable, nous prenons des photos de toutes sortes.

Le groupe sur une dune.

   Après cet après-midi assez mouvementé, nous devons remonter dans le bus, sans le salir bien sûr, et en route pour Silver City ! A cette heure-ci, la nuit va tomber, nous pouvons assister au soleil couchant derrière les dunes et les montagnes au loin. Une fois dans la ville, le bus nous emmène dîner dans un restaurant « western » où nous sommes tous regroupés sur une grande table au centre de la pièce. Ensuite, nous reprenons la route : direction l'hôtel. Enfin à destination (assez tardivement), chacun monte dans sa chambre, et tout le monde se prépare à faire un gros dodo. A demain avec la visite d'une mine à ciel ouvert !

Emilie Desselas et Juliette Simonin

Le volcanisme effusif

   Mardi soir, nous avons vu un film sur le volcanisme effusif qui nous a présenté deux types de laves basaltiques: Pahoehoe ( Paoïoï ) et a-a. Pour comparer des laves, on se base sur leur viscosité et leur température. La vitesse de l'écoulement dépend de l'inclinaison de la pente et sa force de propagation.

   

Des petits groupes disséminés sur le terrain pour faire les exercices.

   Sur le terrain, site de Valley of Fire , nous avons retrouvé trois vulcanologues Nelia Dunbar, son mari, Bill et Scott Lynch. Nelia nous avait préparé une série d'exercices à réaliser au cours de la marche. Ces exercices étaient basés sur des observations, des réalisations de schémas et des discussions avec les géologues ou nos professeurs.

Laves cordées.

   La lave Pahoehoe est fluide et se déplace en 'rivière'. Elle forme des 'ropes'(ressemblant à des cordes superposées) en refroidissant car la coulée est plus rapide au centre que sur les bords. Au Carrizozo Malpais , nous avons pu observer de nos propres yeux les caractéristiques de la lave Pahoehoe. De plus, nous avons vu des fissures qui témoignent du gonflement de la lave en bulles qui ont 'explosé' et provoqué des déchirures dans les coulées. Nous avons aussi observé des surfaces effondrées qui sont d'anciens tunnels de lave. Nous rencontrons parfois des trous à la surface des coulées à travers lesquels nous voyons le fond de ces tunnels de lave: il s'agit de 'skylights'. Les tunnels de lave ont permis l'écoulement de la lave sur de longues distances car en passant par ces tunnels, la lave ne se refroifit pas.

  

Scott, Bill et Nelia encadrent nos élèves : Top Grade Students

   Nous sommes ensuite passés à l'étude des couches basaltiques contenant des bulles de gaz. Puisque ces bulles sont plus légères que la lave, celles-ci remontent vers la surface du magma chaud. Arrivées près à la surface, ces bulles 'explosent', mais si elles n'atteignent pas la surface, elles se figent en 'pockmarks'. Les bulles simples ont souvent une forme en lentille car leurs parois sont déformées dans la direction de la progression de la coulée. Les bulles tendent à grossir en remontant vers la surface car elles peuvent fusionner. Les géologues peuvent donc se baser sur cette disposition des bulles (peu de bulles à la base et de plus en plus vers le haut) pour savoir si cette roche a été retourné ou pas (tectonique). Il est également possible de distinguer différentes couches superposées à partir de cette observation.

Autour d'un tube de laves effondré.

   Nous avons continué notre marche pour découvrir un genévrier vivant âgé de 400 ans entouré de basaltes. Nous avons donc pu conclure que l'éruption volcanique responsable de la présence de ces roches est plus âgée, sinon l'arbre serait mort. L'utilisation de méthodes de radiochronologie a permis à notre guide, Nelia Dunbar, de dater plus précisément la dernière éruption : 5400 ans.

   Pour comprendre ensuite l'évolution de telles coulées, Nous avons discuté deux situations précises à partir de nos observations de terrain et de nos connaissances :

- si l'éruption datait de 5 ans : il n'y aurait quasiment pas de végétation ni de sédiments et les roches dégageraient encore de la chaleur. La surface serait plus rugueuse car l'érosion n'aurait pas encore fait son effet.

- si l'éruption datait de 50000 ans : les fissures et les surfaces effondrées seraient recouvertes de végétation et de sédiments (ici transportés par le vent depuis des zones situées plus au sud). L'érosion aurait contribué au polissage de la surface et le basalte ne serait pas aussi noir car celui-ci devient plus marron grâce à un dégagement de fer et à la sédimentation.

Jacques, Scott et Nelia

   Nous sommes enfin montés au sommet d'une colline en grès qui a échappé à la coulée de lave. Ceci s'explique par le fait que la lave, comme l'eau, est fluide et ne peut donc pas remonter la colline. Depuis ce point stratégique, Scott nous a présenté le magnifique panorama sur le rift et nous a parlé des hypothèses récentes concernant la formation de ce rift.

   Le deuxième type de lave effusive, présentée dans le film, est la lave A-A. Celle-ci est bien plus visqueuse que la lave Pahoehoe et ne coule donc pas comme une 'rivière' mais le front de la coulée évoque des blocs poussés par un engin mécanique. Ces laves sont absentes du site visité aujourd'hui, mais présentes ailleurs au Nouveau Mexique, notamment dans la région de Grants où avaient travaillé nos camarades l'an dernier.

   Cette journée très ensoleillée nous a donc permis de comprendre mieux le volcanisme effusif, de manière vivante et agréable.

Lucy Estève, Catherine Easton, Danaé Gagales


Un après-midi inoubliable : le parc national de White Sands

   Le White Sand est un désert de sable blanc. En effet, ce sable est du gypse. Ce gypse a été déposé au fond d'une lagune peu profonde qui couvrait cette surface il y a 250 millions d'années. Avec la formation de reliefs (due au rift du Rio Grande), les dépôts de gypse ont été surélevés en un dôme qui s'affaissa pour former un bassin. La pluie dissout le gypse : l'eau chargée de sel ruisselle vers le bassin, où le gypse cristallise. Le vent, le gel, le dégel, l'humidité et la sécheresse se chargent de réduire les cristaux en particules aussi fines que le sable et suffisamment légères pour être emportées par le vent, d'où la formation de dunes immaculées d'une beauté extravagante.

     

Sand, sun and fun.

   Le désert est revêtu d'arbustes bas souvent épineux tels que l'arbre savonnier yucca, les acacias, les buissons de créosote et le cactus-barril. Quant à la faune, elle vit pour la plus grande partie dans des conduits souterrains le jour à cause de la chaleur et émerge la nuit. On trouve des lapins (cottontails), des bip-bips (roadrunners pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce terme), des coyotes, des renards, des lièvres, des serpents à sonnette et des tarentules. L'état du Nouveau Mexique a aussi introduit l'oryx (une antilope venant de l'Afrique du Sud) dans le parc. Elle s'est très bien adaptée à l'environnement et s'est multipliée. Petit bémol, le National Park Service considère cet animal exotique comme une menace contre les plantes et les animaux de la région.

Empreinte fossilisée de Billy the Kid.

   Certains de nos camarades, devant la beauté de ce paysage, voulurent exprimer toute leur émotion : « Lorsque je jetai mon premier regard sur ce paysage paradisiaque, je me sentis chez moi, en Tunisie » (Khalil Mohamed Azouz) « Ce paysage envoûtant m'enlêve, je me sens pousser des aîles » (Christophe Hiroki Locussol) « Ce désert est aphrodisiaque » (Marie-Ange Audige) « Ah j'kiffe grave ma race ! » (anonyme) « Devant ce paysage me rappellant le Moyen Orient, la nomade arabe qui sommeillait en moi se réveilla » (Juliette Béa/trice Simonin)

Juliette

 


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