Stage de Géologie - Vendredi 4 mars 2005Nouveau Mexique et cours de Français La soirée du jeudi 3 et la journée du vendredi 4 mars ont été plus particulièrement consacrées à une réflexion sur la linguistique relative à la géologie et sur les mythes culturels de la région liés au programme de Français de première (mythe du “Bon Sauvage” exploité pour l’objet d’étude portant sur l’argumentation). Les élèves ont pu, sur un mode ludique, vérifier les connaissances acquises pendant le séjour et les mettre en relation avec leur “bagage” culturel. Ils ont également visité une mission espagnole de façon à éclairer leur lecture de Candide de Voltaire.
Questionnaire 1) Dans quel poème Baudelaire évoque-t-il des “grottes
basaltiques”? 2) Parmi ces trois expressions, laquelle n’existe pas encore
? 2) Quel est l’intrus ? 4) Quel est l’intrus ? 5) Quel est le personnage de dessin animé ? 6) Chateaubriand, ayant visité l’Amérique du
Nord au début du XIXe siècle, a-t-il pu rencontrer
des tribus indiennes au Nouveau Mexique ? 7) Hannibal le Carthaginois a-t-il pu faire sauter des roches dans
les Alpes avec du vinaigre chaud ? 8) Lequel n’existe pas ? 9) De ces trois volcans, lequel n’est pas explosif ? 10) Les Indiens exploitaient-ils des mines avant l’arrivée
des Espagnols en Amérique ? 11) Quel est l’intrus ? 12) De ces deux termes : “pyrite”, “pyrogravure”,
combien appartiennent au domaine de la géologie ? 13) Ces mots sont-ils de la même famille : calcaire, chaux,
calciner ? 14) Par quel rapport l’azurite, la citrine et l’albâtre
sont-ils nommés ? 15) Pouvait-on se procurer une pierre de lune vers 1900 ? 16) Que signifie l’élément commun à “lapis
lazuli”, “lapidaire” et “lapider” ? 17) Le vermeil est : 18) A quoi le blanc de plomb servait-il ? 19) Lequel de ces trois mots désigne un minéral ? 20) Quelle est l’orthographe de la pierre fine noire ? Les missions espagnoles Dans la matinée de vendredi, nous avons visité les vestiges du « pueblo » de Quarai, assez semblable à celui de Gran Quivira. C’est de ce dernier que nous avons choisi de vous parler, car c’était le plus grand, compte-tenu de sa démographie. Les Espagnols y fondèrent une mission (du latin « mitto », envoyer) au début du XVIIème siècle, c’est-à- dire une communauté autonome dirigée par des prêtres missionaires, chargée de propager la foi et d’annoncer l’évangile en pays traditionnellement non chrétiens (le mot « évangile » vient du grec « eu », bien et « aggelô », annoncer, et signifie donc « la bonne nouvelle »). Nous allons tout d’abord évoquer la situation de ce « pueblo » avant l’arrivée des Espagnols, puis l’évolution de leurs rapports avec les Indiens, à la lumière des oeuvres littéraires que nous avons étudiées en classe.
Gran Quivira était un village habité par les descendants
des Mogollons. Il a prospéré aux alentours du Xème
siècle. Ses habitants étaient installés au sud
et à l’ouest de son actuelle localisation et se sont
peu à peu répandus dans la région.
Leur architecture, quoique simple, était assez avancée
: au début leurs maisons étaient partiellement sous
le sol, avec un toit de feuillages et de branches. Il n’y avait
pas de porte d’entrée, juste une ouverture dans le mur.
Plus tard, les maisons furent construites complètement au-dessus
du sol : on y accédait par une échelle menant à un
trou sur le toit (l’échelle était enlevée
en cas de danger). Montaigne, au XVIème siècle, évoque,
dans le chapitre « Des coches » de ses Essais, l’art
et le degré de civilisation des peuples du Nouveau Monde,
notant que « la beauté de leurs ouvrages en pierrerie,
en plume, en cotton, en la peinture, montrent qu'ils ne nous cedoient
non plus en l'industrie. » C’est entre autres sur des
considérations de même nature que s’était
déjà appuyé le dominicain Bartholomé de
Las Casas pour défendre les Indiens d’Amérique
lors de la Controverse de Valladolid en 1550, destinée à déterminer
s’ils avaient une âme et récemment relatée, à partir
d’élément historiques, par Jean-Claude Carrière.
Le premier missionnaire à y arriver fut Fray Alonso, en 1627. Il avait pour objectif d’évangéliser les Indiens, c’est-à-dire de les amener au Christianisme. Il dirigea la construction de la première église, qui était faite de matériaux bruts, donc très différente de l’image classique de l’église à cette époque. A partir de cette première construction, les Indiens sont de plus en plus exploités. En fait, en échange de l’instruction religieuse et de la protection militaire, était attendue une main d’oeuvre gratuite. L’évangélisation s’accompagne également d’une tentative de déculturation, passant d’abord par la substitution de la langue espagnole aux langues locales. Cet aspect des conquêtes étrangères au Nouveau Monde est entre autres dénoncé par Voltaire, au XVIIIe siècle, qui montre, en particulier dans l’apologue du « Nègre de Surinam », dans Candide, que la perte d’identité d’un peuple commence par l’oubli de sa langue. Après quelques années, un deuxième missionnaire
arrive et tente directement d’étendre la religion chrétienne.
Il investit les visitas dont le but était de procurer une éducation
religieuse aux villages n’ayant pas de mission. Il veut également
construire une église plus grande que la première mais
n’y arrive pas, en raison de problèmes intérnes
comme la sècheresse qui sévit pendant quatre ans et
provoqua une famine et des attaques apaches. La population initiale
qui s’élevait à environ 3000 habitants est réduite à quelque
1000 âmes. Une désertion vers les pueblos environnants
s’avéra incontournable. Les « Rayados » émigreront
ensuite vers El Paso, au Texas.
En dépit de leurs exactions, les Espagnols ont quand même apporté aux « pueblos » une certaine technologie comme dans l’architecture. Celle-ci se manifeste, par exemple, dans l’amélioration des kivas, salles circulaires d’origine indienne qui servaient de chambre de cérémonie ou de lieu de réunion. En conclusion, nous pouvons dire qu’il était très intéressant de visiter cette mission non seulement car cela nous a permis de découvrir une autre culture, mais aussi parce que ces sites sont directement liés au mythe du « Bon Sauvage » étudié en classe et à la question de l’altérité. Cela nous a confirmé que, comme dans toutes les autres colonies, les Espagnols exploitaient les Indiens en prenant la religion pour prétexte. Leur objectif premier était de s’enrichir. Au XVIème siècle, le dominicain Bartolomé de las Casas dénonce déja la vénalité des « conquistadores ». Nous avons également pu constater nous-mêmes que, comme l’avait affirmé Montaigne, les civilisations pré-colombiennes « n’avaient pas besoin des Espagnols pour avoir une culture ». Enfin chez la plupart d’entre nous, cette visite a éveillé le sentiment que l’Homme, pour construire un futur, doit parfois retourner aux sources, voir le passé et le comprendre. Stéphane DETCHOU, Yves NIMBONA, Bruno TAGER
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